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LOI ANTI-SQUAT : CE QUI A VRAIMENT CHANGÉ POUR LES PROPRIÉTAIRES EN 2026

Publié le 24 juillet 2026

Le cauchemar qui hante tout propriétaire de résidence secondaire

Vous ouvrez votre chalet après trois mois d'absence et vous découvrez que quelqu'un s'y est installé. Le scénario paraît improbable, mais il concerne chaque année des centaines de propriétaires français - et les résidences secondaires de montagne, inoccupées neuf mois sur douze, figurent parmi les cibles les plus exposées. La bonne nouvelle : le cadre juridique a considérablement évolué ces dernières années, et il joue désormais nettement en faveur du propriétaire.

Encore faut-il savoir de quoi on parle, agir vite, et surtout ne pas commettre l'erreur qui ruine tout : confondre un squatteur et un locataire en impayé. Ce sont deux situations juridiquement opposées, qui relèvent de deux procédures totalement différentes. Se tromper de porte, c'est perdre des mois - voire s'exposer soi-même à des poursuites.

Ce que les réformes ont réellement apporté

La loi dite anti-squat, entrée en vigueur en janvier 2025 et renforcée par une nouvelle proposition adoptée au Sénat le 20 janvier 2026, a durci le cadre sur trois points majeurs. D'abord les sanctions : la violation de domicile par squat est désormais punie de 3 ans de prison et 45 000 € d'amende, contre 1 an et 15 000 € auparavant. Ensuite le champ d'application : la notion de « domicile » a été élargie pour inclure explicitement les résidences secondaires — un point capital pour les propriétaires de montagne, qui n'ont plus à prouver qu'ils habitent le bien à l'année.

Enfin, et c'est sans doute le changement le plus décisif : la trêve hivernale ne bloque plus automatiquement l'expulsion d'un squatteur. Un propriétaire peut désormais faire évacuer son bien à tout moment de l'année, y compris en plein hiver. La réforme de 2026 a également corrigé une faille qui piégeait les loueurs de courte durée : lorsqu'un occupant entré légalement via une réservation refusait de partir, l'intrusion frauduleuse ne pouvait pas être caractérisée. Ce vide juridique est désormais comblé, et l'absence de traces matérielles d'effraction n'empêche plus la mise en œuvre de la procédure administrative dès lors que l'occupation illicite est manifeste.

La distinction fondamentale : squatteur ou locataire ?

C'est LA confusion qui coûte le plus cher aux propriétaires mal informés. Un squatteur est une personne entrée dans les lieux sans droit ni titre - par effraction, manœuvre, tromperie ou contrainte - et qui n'a jamais eu la moindre autorisation de franchir le seuil. Aucun bail, aucun contrat. C'est lui, et lui seul, qui relève de la procédure administrative express du préfet.

Un locataire en impayé, même depuis douze mois, même de mauvaise foi, n'est pas un squatteur. Il dispose ou a disposé d'un bail valide. Son cas relève exclusivement de la procédure judiciaire classique : commandement de payer, saisine du tribunal, jugement, puis expulsion soumise à la trêve hivernale. Les locataires avec un bail en cours de validité sont explicitement exclus du dispositif anti-squat, et la loi ne remet pas en cause la protection du locataire de bonne foi.

La procédure express, étape par étape

Face à un squat avéré, chaque heure compte. Première étape : déposer plainte immédiatement au commissariat ou à la gendarmerie pour violation de domicile. Deuxième étape : faire constater l'occupation illicite - par un officier de police judiciaire, un commissaire de justice, ou tout élément probant (absence de bail, témoignages de voisins, photos). Troisième étape : saisir le préfet d'une demande de mise en demeure de quitter les lieux.

Le préfet dispose alors de 48 heures pour statuer. S'il accède à la demande, les occupants reçoivent une mise en demeure avec un délai minimal de 24 heures pour partir. Passé ce délai, l'évacuation forcée peut intervenir. Dans les cas les mieux préparés, un propriétaire peut récupérer son bien en moins de 100 heures. La réforme de 2026 a d'ailleurs simplifié la condition d'accès à cette procédure : là où il fallait auparavant démontrer deux éléments cumulés, l'introduction illégale seule suffit désormais à caractériser le squat.

Les erreurs qui font tout capoter

La première, et la plus fréquente : attendre. Chaque jour d'occupation renforce la position factuelle de l'occupant et complique le dossier. La deuxième, et la plus dangereuse : tenter de procéder soi-même à l'éviction. C'est formellement interdit. Une propriétaire du sud-ouest a été condamnée à un an de prison avec sursis pour avoir fait intervenir des tiers afin de déloger un squatteur : le tribunal a considéré l'occupant comme la victime. Ne coupez pas l'eau, ne changez pas les serrures, ne faites intervenir personne - vous deviendriez le fautif.

Les autres erreurs classiques concernent le dossier : ne pas déposer plainte, oublier des pièces justificatives essentielles, ou croire à tort que la trêve hivernale bloque encore l'expulsion d'un squatteur — une idée reçue qui reste très répandue en 2026 malgré la suppression de cette protection. Notez aussi que la procédure express ne couvre pas tout : pour un garage isolé, un hangar, un local commercial désaffecté ou un terrain, il faut passer par la voie judiciaire classique.

Le cas particulier des résidences secondaires en montagne

Un chalet fermé de mai à décembre, une résidence en station vide entre deux saisons : ces biens présentent un profil de risque réel. L'élargissement de la notion de domicile aux résidences secondaires est donc une avancée majeure — mais elle ne dispense pas de la prévention active. Un bien surveillé, visité régulièrement, équipé d'un système d'alarme ou de télésurveillance connectée, et dont les accès sont sécurisés, reste infiniment moins exposé qu'un bien laissé à l'abandon plusieurs mois d'affilée.

Concrètement : mandatez quelqu'un pour un passage mensuel, faites relever le courrier, activez la télésurveillance (30 à 60 €/mois, avec parfois une réduction de prime d'assurance à la clé), et informez vos voisins de vos périodes d'absence. Pour les propriétaires non-résidents, confier ces vérifications à une agence locale n'est pas un confort — c'est la meilleure assurance anti-squat qui existe, parce que le meilleur squat est celui qui n'a jamais lieu.

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